Alain Corneau, décédé hier, a laissé en testament cinématographique un joli polar noir à l'ancienne mode, reposant uniquement sur les acteurs et renonçant à la technologie qui sert souvent de béquille aux intrigues mal ficelées. Le titre résume plutôt bien le synopsis : on assiste à un crime (dont on connait l'assassin) commis au nom d'une dualité haine et amour plutôt complexe. L'histoire se passe dans les milieux financiers internationaux et les personnages principaux sont deux femmes, Kristin Scott-Thomas et Ludivine Sagnier. Cela tombe à pic, elles sont deux de mes actrices préférées. La première joue à la perfection une femme d'affaires de haut vol, acérée et sans scrupules. J'ai toujours été séduit par la classe et le charme de Kristin Scott-Thomas, hérités de ses origines anglaises. La seconde joue son assistante, éminemment douée mais écrasée par l'ombre de son mentor. Ludivine Sagnier, un poil moins crédible que son ainée, passe d'une allure conquérante à la déchéance totale, conséquence de médicaments trop forts et on croit sans trop de peine aux deux facettes de son personnage. Il y a très peu de rôles secondaires, tous masculins et tous... secondaires. Sans rien dévoiler je peux tout de même dire que les cinq dernières minutes sont magistrales ! La seule critique pourrait concerner la crédibilité des activités des personnages dans un tel monde financier où les emplois du temps et le timing d'une journée sont en réalité beaucoup plus chargés.

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