Comme nous sommes attendus pour déjeuner, il nous faut partir de très bonne heure. Cela signifie que le réveil sonne à 3h50 pour un départ du car, à Marmagne, à 4h50 dernier délai. La répétition de danse bretonne s'étant terminée fort tard la veille nous n'avons dormi que trois heures et demie et cela se ressent sur l'organisme et mon état d'esprit. Je n'aspire qu'à une chose : continuer un peu ma nuit dans le car, de la musique dans les oreilles. Après avoir chargé les bagages et les nombreux costumes (deux par personne), le car prend la route à l'heure prévue. Il rattrape l'autoroute rapidement, que nous quitterons quelques dizaines de kilomètres avant d'arriver, après deux arrêts réglementaires. Les six heures de voyage, pauses comprises, passent finalement bien, entre somnolence, écoute de musique et visionnage d'un film sur mon téléphone HTC. Le temps est ensoleillé et seuls quelques nuages viennent assombrir le ciel en arrivant à Isigny.

Les musiciens de l'Avant-deux d'Isigny et la GearbaudeA notre arrivée nous sommes accueillis chaleureusement par le groupe de Normands au complet. Les retrouvailles font plaisir après l'excellent week-end passé ensemble en octobre 2010. Rapidement le président nous attribue nos familles d'accueil afin de débarrasser le car et de répartir nos bagages. Nous sommes bien sûr hébergés chez Annick et Pierre que nous avions reçus à Bourges. Puis nous sommes conviés à un pot de bienvenue avec cidre et surtout pommeau.

L'après-midi est libre et chacun part avec ses hôtes vaquer à divers activités. Pierre et Annick nous emmènent dans leur maison flambant neuve à une vingtaine de minutes d'Isigny. Je suis abasourdi quand Pierre dit avoir construit la maison de ses mains, de la dalle au toit ! Cette maison est superbe, lumineuse, colorée dedans et dehors et chaque détail, de la forme aux matériaux, jusqu'au mobilier de chaque pièce, a été pensé et choisi par Pierre et Annick. En particulier l'escalier qui monte à l'étage est superbe : hélicoïdal, il est en bois blond et acier poli. Le moindre détail a été réfléchi, jusqu'à la douche à l'italienne de plain pied qui permettrait d'y entrer en fauteuil si par malheur cela devenait nécessaire !

Après nous être installés dans une chambre à l'étage, nous déjeunons enfin, car la faim commence à se faire sentir. Par politesse j'avale de l'andouille recouverte de camembert chaud ! Heureusement la compote de pommes qui accompagne permet d'en atténuer le goût. Après déjeuner nous partons vers les prés salés qui bordent la baie du Mont Saint-Michel. Nous garons la voiture vers le Val-Saint-Père et faisons une balade à pied dans les prés, au milieu des moutons, jusqu'à un petit aéroclub, qui sert visiblement d'étape à un rallye d'ULMs ou de petits avions. Puis nous allons vers Saint-Léonard, le long de la côte face au Mont Saint-Michel et à Tombelaine. C'est une perspective sur les deux buttes que nous ne connaissons pas. Les voir à égale distance de nous, et non pas en enfilade, permet de se rendre compte de la distance entre les deux. Avant de repartir nous voyons des marcheurs arriver après la traversée de la baie, à bonne allure derrière leur guide.

La chorale de l'Avant-deux d'IsignyLe rendez-vous à la salle des fêtes, en costume, étant fixé à 18h30 il est temps de rentrer nous préparer avant le dîner. Le repas est pris en commun mais chaque famille apporte nourriture et couverts, par souci de simplification. Solène et son copain JB arrivent juste avant le repas. Ils ont passé une super journée au Mont Saint-Michel, où ils ont choisi la visite conférence. Les musiciens sont installés sur une estrade en hauteur, à droite de la scène. De nombreuses plantes en pot font une décoration très agréable. J'installe ma caméra sur un trépied et demande à JB s'il veut bien s'occuper de la déclencher et de l'arrêter. Je lui confie aussi l'appareil photo.

Les premiers spectateurs arrivent dès 20h15. La salle se remplit doucement et sera aux trois quarts pleine au début du spectacle. Un peu avant que ça commence arrivent les cousins de Christine, Sylvie, Pascale et leurs enfants. Ils sont gentiment venus nous voir danser, bien que l'univers du folk leur soit un tantinet étranger.

Puis le spectacle commence. Il comporte classiquement cinq parties alternées, trois par nous et deux par l'Avant-deux. Après notre premier passage nous devons changer de costume. C'est toujours beaucoup plus long pour les filles. Nous sommes dégoulinants de sueur car la chaleur sur scène est étouffante. Mon genou ne me gêne pas trop mais m'obnubile quand même et cela me fait faire quelques petites erreurs de danse, heureusement peu visibles de la salle. Pendant les danses des Normands nous allons discuter avec les cousins, qui ont l'air d'apprécier malgré tout le spectacle. Après deux heures et vingt-sept danses (pour nous), nous arrivons au bout ; il est 22h30. Tout s'est bien passé, les applaudissements sont nombreux et les gens ont l'air content. Mission accomplie. Solène et JB prennent congé et rentrent à Caen.

Procession de l'Avant-deux d'Isigny et la GearbaudeMais la soirée n'est pas finie : place au bal maintenant ! Nous rangeons rapidement les chaises pour dégager le parquet et les musiciens attaquent rapidement par un cercle circassien, pour éviter que trop de gens se lassent et s'en aillent. Les danses vont s'enchaîner, jouées alternativement ou ensemble par les musiciens de chaque groupe. J'ai un gros coup de barre et ne fait que les quelques danses que je préfère. La dernière musique est jouée vers minuit et demie.

Nous rentrons chez Annick et Pierre mais avec les costumes car demain nous sommes attendus à la mairie à 10h30, habillés en Berrichons. A peine rentrés nous étalons les habits trempés de sueur, prenons une douche et direction le lit tant attendu. Je vois 1h59 au réveil, mais pas au-delà.

Le réveil me tire d'un profond sommeil à 8h00. Pour faire bonne mesure, Pierre ouvre nos volets roulants à distance, et le soleil inonde la chambre. Vite habillé (avec chemise et biaude d'hier soir), je descends au petit déjeuner. Christine et Annick choisissent de se préparer après.
Avant de nous rendre à la mairie, Pierre nous propose de visiter son ancienne exploitation, tenue maintenant par son fils. Nous passons devant la maison de ses parents, qu'il a aussi construite entièrement, et arrivons dans ce qui ressemble peu à une ferme traditionnelle. A côté de sa maison d'enfance, un joli petit manoir flanqué d'une tour, s'étendent les immenses bâtiments dévolus aux milliers de porcs, truies et porcelets d'élevage, surmontés d'un gigantesque silo à grains pouvant contenir mille tonnes de maïs. Il nous avait expliqué à Bourges que l'exploitation est entièrement automatisée. Par exemple les mélanges alimentaires sont réalisés par ordinateur et personnalisés par catégorie d'animal, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais le plus étonnant est le gros chantier tout à côté : il s'agit d'une des premières grosses unités de méthanisation en France. Cela nécessite des bâtiments, des cuves, des conduites, des appareils électriques, etc. Le principe est d'utiliser le gaz issu de la fermentation de déchets végétaux et de lisier pour produire de l'électricité, revendue à EDF.

A la mairie d'Isigny-le-BuatNous arrivons à la mairie en même temps que tous les autres. Le ciel est limpide et le soleil éclatant. Le maire nous convie à entrer dans la mairie, où il fait un discours mettant l'accent sur la préservation du patrimoine culturel et les échanges entre danseurs et musiciens. Il passe ensuite la parole au président de l'Avant-deux et à notre présidente. Des cadeaux sont échangés, vins et livres. Ensuite nous allons faire des photos dans la cour de la mairie. une photo de groupe sur le perron et des photos individuelles par affinités devant les quelques massifs de fleurs. On m'emmène visiter une petite chapelle au toit recouvert de bardeaux de châtaignier, très jolie. Puis c'est l'heure du cocktail offert par la mairie.

Comme il fait beau il est décidé de rejoindre la salle des fêtes en cortège à travers la ville. Les musiciens se placent devant, les danseurs derrière. J'en profite pour faire un bon stock de photos. Chacun se change enfin et nous préparons les bagages, qui sont mis dans le car. Le déjeuner est préparé par un traiteur. C'est bon et suffisant. J'apprécie particulièrement le dessert : des plats de "teurgoule", ce riz au lait cuit de longues heures à four doux, typiquement normand. J'en prends trois fois, par pure gourmandise.

Après le déjeuner nous dansons entre nous jusqu'à 16h30. Il est malheureusement l'heure de se dire au revoir, toujours un moment difficile après des moments aussi forts et prenants. Les Normands nous ont préparé un casse-croûte (sandwiches, pommes et boissons), c'est sympathique.

Le voyage passe toujours facilement. Nous faisons une pause après Tours pour casser la croûte. Je lis un petit policier d'une traite, dort un peu et c'est déjà l'arrivée. Nous transférons rapidement les bagages dans la voiture et nous sommes de retour à la maison à 22h45, une heure somme toute raisonnable.

Annick, Pierre, Christine et moi