Des concerts étaient prévus dans plusieurs villes alentour mais nous avons choisi d'aller les voir au PEPSI d'Issoudun car la salle est à taille humaine et l'ambiance y est en général plus détendue et conviviale que dans une grosse structure comme un Zénith. Du coup j'avais pris les places plusieurs mois à l'avance pour être certain d'en avoir.

Quelques semaines avant le concert j'ai reçu un petit livret fabriqué par des Triyanautes passionnées (les fans du principal forum dédié à Tri Yann) à l'occasion des quarante ans du groupe. L'idée était que quarante personnes ayant vu Tri Yann en concert au cours des années proposent une photo du groupe, un court texte d'accompagnement et une photo personnelle. Le tout a donné un petit album retraçant plus de vingt-cinq ans de la carrière de Tri Yann. Ma photo était prise à Clamecy en 1989 pendant la tournée du "Vaisseau de pierre". J'ai bien entendu apporté le livret avec l'espoir de le faire dédicacer.

Jean-Paul CorbineauNous sommes venus à six : Christine, Benjamin, Solène, Émilie, JB et moi. Bien que le concert soit prévu à 20h30 nous sommes à pied d'oeuvre avant 18h00 et nous ne sommes pas les premiers. Les huit personnes devant nous sont aussi passionnés que nous et nous discutons à propos du groupe et des concerts que nous avons vus. Nous pique-niquons dehors afin d'alléger nos sacs à dos. Jusqu'à 19h00 la file d'attente se remplit très doucement. Les portes s'ouvrent à 19h15 et nous entrons sans être fouillés ni inquiétés d'aucune sorte. Nous nous installaons évidemment au premier rang, à droite de la scène. Pendant la dernière heure d'attente nous retrouvons des connaissances dans la salle, nous détaillons les instruments et objets déjà présents sur scène et nous savourons ce moment si particulier qui précède un concert tant attendu.

A 20h30 précises les lumières de la salle s'étaignent et les musiciens entrent sur scène sous des applaudissements nourris. Ils ont encore une fois des costumes improbables et magnifiques au premier coup d'oeil. En les détaillant on s'apercçoit qu'ils sont faits de quantités d'objets hétéroclites détournés, comme des capsules de café en aluminium ! Jean-Louis Jossic a un costume royal, une longue perruque noir et un chapeau surmonté d'une théière et de deux tasses. d'où s'échappe de l'encens. le guitariste est déguisé en hérisson, Jean Chocun en jardinier surréaliste, etc. Les photos étant autorisées (a priori par les trois Jean eux-mêmes) je m'en donne à coeur joie. leurs costumes et leurs jeu de scène sont un bonheur pour les photographes.

La première partie du concert est surtout consacrée au nouvel album, "Rummadou". le rythme du concert est bien géré, avec alternance de morceaux pêchus et de chansons calmes, surtout par Jean-Paul Corbineau. Jean-Louis Jossic nous régale de ses histoires loufoques en introduction de certains morceaux. Au fil du temps les musiciens enlèvent les pièces de vêtement les plus encombrants et Jean-Louis Jossic se démaquille.

Quand arrive "Franzozig" c'est le délire dans la salle et beaucoup de gens se lèvent pour s'approcher de la scène.  Sur "La jument de Michao" Christine entame un andro, suivie par une longue file de danseurs.. A un moment Jean-Louis Jossic attrappe un tabouret et descend s'asseoir devant la scène, au milieu du public, pour chanter. Les tubes de Tri Yann sont repris en choeur par la salle, presque à l'étonnement de Jossic et Corbineau. A la fin du concert les applaudissements sont tellement nourris que la troupe revient chanter le "Pelot d'Hennebont". C'est visiblement improvisé, du moins nous aimons le penser.

Quand la salle se rallume nous ne restons qu'une poignée à espérer voir et approcher les musiciens. Le premier à apparaître est Konan Mevel qui vient récupérer ses cornemuses. Il paraît timide mais répons très gentiment aux questions de Solène sur ses cornemuses électroniques. Les autres musiciens sont attendus dans le hall pour une séance de dédicace. Le premier à arriver est Jean-Louis Jossic, toujours aussi prompt à rencontrer le public. Ses accolytes suivent, avec Jean-Paul Corbineau en dernier, qui n'aime toujours pas se frotter au public comme ça. Je fais donc signer le livret des photos des quarante ans et quand c'est au tour de Jossic il le feuillette en entier, avec Gérard Goron, commentant presque chaque page. Rapidement Jossic se retrouve seul et continue à discuter avec les gens présents. Il se prête aux photos sans rechigner. Quand il ne reste plus que lui et nous, je prends une dernière photo avec Christine et Solène, avant qu'il s'éclipse pour un repos bien mérité.

Tri Yann à Vierzon