Cet évènement, sponsorisé et soutenu techniquement par IBM, est un vaste forum de discussion en temps réel sur trois jours, 24 heures sur 24. Le but est de faire se rencontrer des centaines, voire des milliers, de chefs d'entreprises, ingénieurs, cadres, politiques et chercheurs de toute la France afin de faire émerger des idées innovantes et de transformer ces idées en début de projets, en construisant des réseaux relationnels, base de partenariats futurs.

Le Nekoé JAM s'est déroulé les 27, 28 et 29 avril 2010 et est censé être le point de départ d'une dynamique collective qui devrait se poursuivre dans l'avenir. Cinq thèmes bien différents étaient prévus :

  • Transformons l'industrie (Quels leviers peut-on mettre en place pour accélérer la transformation de l'entreprise par les services ? Comment réorganiser ses processus d'innovation ? Comment restructurer sa chaîne de valeur ? Quelles attentes des PME-PMI ? Quels retours d'expérience ? Quels projets ?)
  • Inventons l'avenir de la relation client (Quelles organisations mettre en place ? Quels nouveaux métiers ? Quel rôle pour le management ? Quelle place pour le jugement des employés ? Quels modèles de fidélisation ? Quels réseaux avec leurs fournisseurs et distributeurs ? Quels back-offices ? Quelle gestion de l'information ? Quelle place pour les clients dans l'innovation ? Où s'arrête l'entreprise, son implication, sa responsabilité ?)
  • Développement durable et services (Quelles conséquences pour les offreurs de services ? Quels nouveaux business models ? Quelles nouvelles compétences? Quels impacts sur les chaînes de valeur et sur les produits ? Quelles infrastructures communes ? Quels retours d'expérience ? Quels modes de financement ?)
  • Révolution des services et révolution numérique (Quelle nouvelle organisation pour les services ? Quelle place pour les TIC1 ? Économie numérique ou économie de l'usage ? Les TIC sont elles la source de l'innovation ou seulement son infrastructure ? Quelles sont les technologies les plus génératrices de services ? Les services à forte intensité de connaissance ont-ils un besoin particulier des TIC ? Quelle place pour les services automatisés ? Où se situe la valeur ?)
  • Dynamisons notre territoire (Comment stimuler l'innovation pour ces services et ces réseaux ? Quels sont les leviers à mobiliser pour renforcer ces services et ces réseaux ? Quels sont les services et les réseaux prioritaires ?)

Pour animer le forum et aider les participants étaient prévues quelques poignées d'experts dans chacun des domaines choisis et des facilitateurs, sortes d'animateurs et modérateurs dont le rôle était de cadrer les débats, relancer des idées, poser des questions (qui, quoi, comment, quand, combien, etc.) et pousser les plus timorés à s'exprimer en toute liberté et sans aucun tabou ni contrainte d'aucune sorte.

Et mon nom a été proposé comme facilitateur !

Tout d'abord intimidé par le contexte et le niveau des futurs participants, j'ai réfléchi et j'ai fini par accepter. Après tout ce serait une nouvelle expérience dans un domaine inconnu. J'ai choisi le thème "Révolution des services et révolution numérique", le seul que je comprenais et pour lequel je pouvais avoir des idées et des arguments.

L'inscription au Nekoé Jam était obligatoire car une des règles était le non anonymat : chaque expert, facilitateur ou simple participant devait obligatoirement décliner son nom, son prénom, sa situation professionnelle et si possible fournir une photo.

Comme les autres facilitateurs j'ai reçu une formation interactive de deux heures, par conférence à plusieurs, via téléphone et internet. Elle était animée par une chef de projet du Nekoé et une ingénieur d'IBM, qui nous ont expliqué notre rôle et nos devoirs, documents à l'appui. Entre autres obligations nous avions à poster dès l'ouverture du Jam au moins un sujet chacun dans notre thème afin de lancer les discussions. En m'aidant d'Internet pour le second j'avais préparé deux sujets que j'ai postés le mardi matin avant 8h00, avant d'aller au travail :

  1. Réseaux sociaux et qualité des produits. La généralisation de l'utilisation des réseaux sociaux peut-elle contribuer à améliorer la qualité des produits proposés ? La possibilité pour de plus en plus de consommateurs de donner leur avis, positif ou négatif, peut-il avoir un effet réel sur la qualité ou la longévité des produits manufacturés vendus au grand public ?
  2. Faut-il être professionnel pour rendre service ? Avec la généralisation des relations via Internet et des liens entre individus et entités, qui tendent à masquer les classes (sociale, intellectuelle, professionnelle, ...), une association peut-elle devenir un acteur majeur de la vie en société ?

Ne sachant pas si j'aurais accès au Nekoé Jam à partir de mon boulot, j'avais assuré en me proposant pour les créneaux de 17h00 à 22h00. Mais en fait le site était accessible et j'ai pu suivre un peu les débats pendant la journée. Très vite le nombre de messages postés est monté en flèche. J'ai assuré mon rôle de facilitateur en publiant de nouveaux sujets, en postant des réponses ou en posant des questions.

Le niveau des participants était plutôt intimidant mais j'ai bien joué le jeu et je crois que je n'ai pas démérité dans le cadre du thème que j'avais choisi. Mieux, mon premier sujet posté, le mardi, est resté en tête des sujets avec le plus de réponses (73) pendant deux jours, pour finir quand même second ! A la fin des trois jours il y a eu 2606 articles postés et plus de 700 inscrits (dont 85% de participants). Par ailleurs 50% des articles ont été postés par des dirigeants. J'ai moi-même posté 57 articles.

1 Technologie de l'Information et de la Communication